Compliment

Au téléphone avec Timohël qui me raconte d'une main son expérience de la veille. Sur msn hier soir, une amie (que je ne connais pas... hmmm), avec laquelle il échange, décide spontanément de tomber la chemise pour révéler un string qui serait un "nouvel achat". (mouais... il est bien naïf ce Titou) La voila donc devant sa webcam qui retire le bas et qui lui montre sa nouvelle petite merveille en coton (rouge, évidemment, naïf je vous dis). Forcément, la belle (oui, le pire c'est qu'elle serait belle) se tourne, virevolte et prend des poses. Parce qu'un avis n'est intéressant que s'il est GLOBAL : en l'occurrence il faut bien voir le string en situation. (C'est fait pour ça les amis !) Voila donc un reportage quasi-animalier sur les moeurs sous-vestimentaires d'une jeune exhibitionniste qui prend des risques avec la santé cardiaque de mon ami.

- Et alors ? Elle est bien roulée ?
- Ah pour sur ! Elle a un cul de compète !!
- hmmm...
- C'est... prenant !!
- C'est facile de montrer son cul comme ça
- Oui, c'est sûr
- Forcément, je pourrais le faire aussi
- Mais tu sais, ton cul aussi est une incitation à la débauche
- ... euh... je sais pas... tu crois ?

Ça me surprend, mais j'aime ce compliment...

Numérinator

« J’ai même acheté une seconde carte mémoire, je vais pouvoir faire 800 photos ! »

A première vue, rien de fantastique dans cette phrase. Trois mots de trois syllabes, un nombre, un point d’exclamation. La belle affaire ! Pourtant, il est des situations effroyables qui commencent de la sorte. Un assemblage de mots qui paraît anodin, parfois à tel point qu’on ne se donne même pas la peine de ponctuer la phrase de l’interlocuteur par un sourire ou un hochement de tête. Alex Proyas himself a dû dire un truc du genre « Tiens, je vais réaliser un film » avant de commettre "Dark City". Des mots très simples qui font basculer le cours normal des choses. Sujet-verbe-complément- virgule -sujet-verbe-complément- point-d’exclamation.

Cette phrase n’est ni une information ni un renseignement. C’est une intimidation. Une menace. Un ultimatum. C’est un déterrement unilatéral de la hache de guerre engendré par un esprit malade. C’est dangereux. Et quand on en a pris conscience, c’est qu’il est déjà trop tard.

Au début, une simple réflexion. « Je n’avais jamais remarqué qu’il portait ce drôle de bracelet en cordelette tressée noire».

Et puis je me rends compte que la grosse breloque au bout de la cordelette semble animée d’une volonté propre. Ce truc s’anime et se colle sur le visage de l’autre côté du bras. On dirait un genre de cyclope dont l’œil grossit et rétrécit à volonté. De temps en temps, il envoie des éclairs qui aveuglent. Je n’ose rien dire. Si ça se trouve, en plus d’être la breloque la plus laide du monde, ça mord.

Ensuite, je n’arrive plus à défaire mon attention de ce drôle d’œil qui m’observe. Et c’est là que je remarque qu’il n’observe pas que moi, mais aussi les autres.

Après, des sensations enfouies dans ma mémoire remontent à la surface. Vieilles impressions… Je perds quelques poignées d’années, me voilà petite avec une robe rose à frou-frous et un coup de soleil sur le nez. Le côté droit du visage de ma mère est caché par un boîtier noir avec un œil. Je suis au milieu d’un parterre de géraniums, sous l’enseigne en fer d’un boucher-charcutier breton. « Allez, on la double !! Tu es si mignonne avec ton petit nez rouge au milieu des géraniums rouges ! Un sourire pour la photo, ma chérie ! »

Enfin, mon cerveau réunit toutes les pièces à convictions… « Seconde carte mémoire »… « 800 photos »… « Éclairs qui aveuglent »… « Un sourire pour la photo… »

Voilà. Exactement comme je le disais. Quand j’en ai pris conscience, il était trop tard. La machine était lancée. Numérinator à son œuvre. Nous posséder. Tous. Tout. De sa chaussure sur la promenade de l’Oustaou de Diou jusqu’à nos mines fatiguées, en passant par la blessure au pied de sa Belle, les fesses de Joséphine et puis le rocher, là, qui a une forme rigolote.

Ce qui m’impressionne, c’est sa capacité à trouver des trucs à photographier alors qu’il n’y a rien à photographier. Non, je ne comprends pas pourquoi ça fait une heure et demi qu’on l’attend, debout, sans rien à boire, pendant qu’il photographie sous tous les angles ce putain de rocher qui « a une forme rigolote ». Je ne comprends pas ce que ce rocher a de si fantastique. Je ne saisis pas non plus l’intérêt profond des quatorze photos qu’il a faite de la blessure de sa Douce. Je me dis que ce mec doit avoir un sens esthétique hors-norme, je me dis même qu’il faut peut-être laisser ce futur génie du visuel réaliser son œuvre. Je me dis qu’il a de la chance de voir de la beauté là où moi je n’en vois pas.

Mais ce qui me saoule, c’est qu’il ne comprenne pas, lui, pourquoi je me fâche quand, après cinq kilomètres de marche en côte sous le soleil par 40° (à l’ombre), il souhaite me prendre en photo. Je ne suis plus qu’un amas de chair dégoulinante, je sue par tous les pores de ma peau, mais aussi par les ongles et les cheveux, mon visage est écarlate de chaleur et d’épuisement. A croire que Numérinator est un vicieux qui souhaite faire passer à la postérité l’image la plus dégueulasse qu’il pourra garder de nous.

Numérinator, j’abuse, c’est vrai, tu as fait de très jolies photos de moi

Le sens du détail

Tout à l'heure, dans une grande surface que je ne nommerai pas, dans l'allée centrale, entre le rayon nourriture pour animaux et celui des détergents/lessives/assouplissants, un individu mâle m'a abordée. Retranscription la plus fidèle possible de sa prose d'approche :

"Moi homme d'acier, toi canon
Nous deux égale Destin
Hisse et haut, femme de feu
Jérôme "bîîîîp" te veut"

Je trouve ça magnifique. C'est vrai, il faut un sacré sens de la dérision pour oser clamer une chose pareille. Peut-être que s'il n'avait pas eu des chaussettes de tennis avec les deux bandes (verte et rouge) remontées et bien tendues jusqu'à mi-mollet dans des chaussures ouvertes, peut-être que j'aurais accepté le verre qu'il me proposait.
Mais voila, il portait des chaussettes de tennis avec les deux bandes (verte et rouge) remontées et bien tendues jusqu'à mi-mollet dans des chaussures ouvertes.

Ma valise de chiffons

Plus qu'une trentaine d'heures avant mon départ pour Toulon. C'est la première fois que je pars dans le sud (Note pour plus tard : faire un vœu) et c'est la première fois que je pars en vacances avec des amis (Note pour plus tard : faire un second vœu) (hihi youpi ça me fait 2 vœux tout neufs !) Dans ma valise, donc :

- Petites jupes légères, jolis tops avec décolletés balconnets qui remontent les seins, petit short renforcé au niveau du bidon pour qu'il paraisse un peu plat, pantalon taille basse + tops habillés pampillés/perlés/dentelés pour sortir,

- Maillot 2 pièces blanc brodé, 1 pièce rayé noir/crème, 1 pièce rose-orange-rouge, paréo.
Note : travailler les positions ventre plat "Naïade sur sable blanc", fesses rebondies "sirène alanguie", poitrine pulpeuse "lecture de la nymphe", d'après la Sainte Bible de l'été : le "ELLE n°384 Juillet 2001",

- Rollers (roulettes en ligne) + protection poignets mais sans le casque (tue le brushing) + chevillère + flacon 450 ml synthol liquide + baume synthol gel + arnica tube 50 ml pour les bleus + bandes +, si chute plus grave spray à la menthe (dans le cadre d'un sauvetage par pompiers qui me sauveront ma vie) (non Bingo, on t'a pas sonné),

- Mon CD de Dario Moreno (essentiel pour bonne humeur matinale),

- Kit de survie anti moustiques : pshiit-qui-pue-et-qui-colle, antistaminiques, citronnelle sous cellophane, +, tant qu'on y est, crucifix béni et ail en sachet (on ne sait jamais à quel moustique on a affaire),

- Crème solaire indice 50 spécial peaux blanches de chez Blanches and Cie pour corps, indice 80 pour visage et oreilles, huile indice 70 pour cheveux blonds platines, labello solaire, vernis avec protection solaire au jojoba et écorces de citron vert d'Uruguay spécial défense contre le sel pour ongles fragiles, et puis de toutes façons Biafine tube de 50 ml, Biafine tube de 100 ml et Biafine 150 ml et Biafine format familial 225 ml,

- Mes chaussettes rouges et jaunes à p'tits pois,

- Dico français nord/français sud + CD à écouter en alternance des sketchs de Patrick Bosso et Titoff pour assimilation de la culture locale.

Note : si jamais forcée de prendre un taxi, penser à s'équiper de sacs à vomir (vu un documentaire à la télé là-dessus, c'était un taxi Marseillais, mais Marseille et Toulon c'est pas si éloigné, ce doit être un mode de vie, comme au Brésil)

Blog addict

Effrayant.